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3 - Le port
de Trajan
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Le bassin de Claudius se révèle inadapté
dès le 62 ap JC., lorsqu’une tempête détruisit pas
moins que deux cents bateaux. Trajan, par conséquent,
construisit un bassin intérieur et sûr, de forme
hexagonale, en creusant et en allongeant le canal de communication
entre le port et le fleuve, l'actuel "canal de Fiumicino", permettant
à la fois de se protéger des inondations et de
l’ensablement, et d'alléger le trafic à l’embouchure du
Tibre.
L'intervention de Trajan améliore considérablement la
capacité et l'efficacité du port de Rome, permettant
l'augmentation de la population dans le territoire environnant.
Même le nom fut changé, passant de « Portus
Ostiensis » à « Portus Traiani » ou même
simplement Portus.
Le bassin de Trajan, révélé et restauré
durant les trente dernières années, mesurait 358 m. de
côté, occupait une superficie d’environ 33 hectares et
permettait l'accostage d’au moins 200 bateaux de grand tonnage. La
profondeur moyenne est de 5 mètres, le rivage étant
incliné vers la mer et était pavé de grandes
pierres, ce qui en facilitait l'entretien.
J. Blaeu, «
Utriusque portus Ostiae delineatio »,
gravure du. XVII è, Bibliothèque Clémentine de
Rome (Clémente de Marigliani, Histoire des
ports d'Anzio)
Au IV è siècle, le port fut
protégé par une enceinte défensive, aujourd'hui
partiellement visible dans le secteur qui comprend le canal
d'entrée au bassin hexagonal et les restes des magasins de
Trajan.
En 1957, ont été retrouvés les restes affleurant
de la masse du port de Claudius, adjacent à l'actuel
Musée des Bateaux de Fiumicino ; ensemble de murs d'un
édifice avec des traces de fresques peintes ; non loin se trouve
l'aire archéologique de Monte Giulio, où d’autres
structures ont été retrouvées, datant
vraisemblablement du IIè siècle.
Pendant la construction de l'aéroport "Leonard de Vinci", les
épaves de bateaux ont été retrouvées, elles
sont actuellement conservées dans le Musée des Bateaux.
On suppose que cet endroit correspondait à un "cimetière"
de bateaux abandonnés dans une aire adjacente au bassin.
Le port de Trajan, avec ses annexes et ses
installations, n’a toutefois pas trop influencé le
développement de la vie civile et commerciale de l'Ostie
voisine, dont au contraire, l'importance s’accrue. Reliée au
port au moyen d'une route qui traversait l'Île Sacrée avec
des nombreux bacs sur le fleuve, elle resta un centre florissant de la
vie citadine, siège de la vaste organisation commerçante
de la capitale.
Elle s’enrichit de monumentaux édifices
publics et religieux, de magasins, de ses élégantes
habitations, de décorum de ses boutiques, d’une parfaite
desserte par routes.
Caligula la dota d'un aqueduc, Claudius y posa un détachement de
pompiers pour la protéger des incendies, et sous son empire,
sera édifié la grande « horrea » pour
entreposer le grain ; sous Trajan, cette tendance s’intensifie avec un
nombre croissant de magasins et de tavernes, ainsi que la construction
des maisons à étages pour la petite bourgeoisie.
Les nombreuses tavernes étaient situées le
long des voies et près des portes de la ville.
Les boutiques et les tavernes, comme par exemple la « Caupona du
Chanceux », un petit local en origine appartenant à une
maison nanti, et ensuite destiné à la vente des boissons,
comme l’atteste la présence d'une inscription pavée des
débuts du III è s. : « Fortunatus vinum et cratera
quod sitis bibe » [ dit Chanceux : si tu as des soies, tu bois ].
À flanc du « Macellum » (boucherie), destiné
au commerce des viandes, furent édifiées au II è
siècle deux boutiques de poissonniers, équipées
avec des tables et des bassins pour le lavage. La mosaïque
pavée représente un dauphin qui mord un poulpe,
l’inscription semble être une conjuration : « Inbide Cau o
Io » c'est-à-dire " ??, je te piétine".
La Grande « Horrea » d'Hostie, agrandi et
restructuré entre la fin du IIè et le début du
IIIè siècle, est une des plus importantes structures de
stockage du port.
La partie principale de l’édifice, dont la façade donne
sur le côté nord, vers les Tibre, consiste en 64 cellules
qui entouraient une cour occupée au centre par un portique
à colonnes de tuf ; sous Commode, deux autres séries de
cellules parallèles furent ajoutées, adossées au
mur de « porfido », et qui furent dotées
d’étages. Tout indique que ces magasins étaient
destinés à accueillir le grain qui, avec cette
configuration, était isolé de l'humidité.
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