Pendant l'Empire d'Adrien la
ville fut transformée en
profondeur, avec des quartiers entiers reconstruis en grand plans
réguliers ;
cette intense activité de construction continua sous Antonin et
Sévères qui inaugurèrent
l'agrandissement du Théâtre commencé par Commode et
le renouvellement de la « soi-disante »
Place des Corporations, point de référence pour tout les
marchands des
provinces qui jouait un rôle dans importations de marchandises
pour Rome.
La Place des Corporations, une vaste aire découverte,
encadrée sur trois de ses
côtés par un portique est un complexe singulier qui ne se
retrouve dans aucune
autre ville romaine qui nous soit connue. Constitué d'un double
portique situé
derrière la scène du
Théâtre, la Place
avait été conçue à l’époque
d’Auguste comme « porticus post scenam »,
pour l'abri des intempéries ou pour prévoir une promenade
pour les spectateurs
lors des intervalles entre les représentations
théâtrales. À partir de la
moitié du IIè siècle, le complexe fut
graduellement orné avec des mosaïques.
Avec leurs représentations figuratives et leurs inscriptions,
elles faisaient
allusion aux trafics et aux divers types de commerce exercés par
diverses
corporations de travailleurs.
Au cours du III è siècle, par les mitoyens, elles furent
gagnées de 61
chambrettes (stations) : c’étaient les bureaux de
représentation
d'entrepreneurs et de négociants de différentes
compagnies maritimes qui
assuraient le trafic mercantile entre Rome et diverse villes de la
Méditerranée. Elles entendaient de cette manière
faire la publicité de leurs
activités commerciales. D'autre part, l’activité
était clairement représentée
sur les planchers à mosaïque : où quelques
inscriptions accompagnent les images
emblématiques des mosaïques. Elles appartenaient par
exemple à des armateurs, à
des producteurs de cordage, à des peseurs de grain, en
provenance de Carthage,
de Cagliari, de Port Torres, de Narbonne, d'Alexandrie, etc.
Bateau entre deux moggi.
L'inscription signifie "les
armateurs et les commerçants de Karales", c'est-à-dire
l'ancien nom de
Cagliari
La mosaïque
représente un facchino dans l'acte de
transborder des amphores d'un bateau maritime à un bateau fluvial
Un
phare, deux bateaux et
dauphins. De l'inscription on
déduit que les "stations" appartenaient à des armateurs
de Syllectum,
une ville de Tunisie

Sous les bateaux, deux poissons
aux côtés d'un moggio.
L'inscription « navikularii minuenses hic »
indique la corporation
des armateurs de Misua, citté près de Carthage
A la moitié
du II
è siècle ap JC. fut institué le Collège
des Fabbri Navals, ainsi qu’un temple qui y est adjacent,
c'était le siège
d'une des plus puissantes corporations d’Ostie qui réunissaient
des armateurs,
charpentiers et constructeurs navals, et donc détenait le
contrôle de la flotte.
Emblème de la prospérité d'Ostie, les termes, dont
les mieux conservés sont
ceux dits "de Neptune", complétés par un gymnase, sous
lesquels se
trouve une grandiose citerne.
L'entrée des
termes est décorée avec une mosaïque
extraordinairement bien conservée, représentant Neptune
accompagné d'hippocampes, d’un cortège de dauphins et de
créatures fantastiques.
Toutefois, à partir de la fin du III
è siècle, se produit le déclin d'Ostie, soit
à cause de la crise politique et économique qui
affligeait l'Empire, soit par l’importance moindre du port, dont les
activités commerciales furent transférées avec le
temps. Elle devint une cité à laquelle Constantin a
soustrait les droits municipaux, et lui a assigné un
évêque en 314.
Alors de Port, précédemment dénommé «
Portus Ostiae » ou « Portus Augusti », on l’appelle
désormais « Portus Romae » ; et en effet la «
Tabula Peutingeriana » nous donne une bonne représentation
de changées qui affectèrent en son temps Ostie et son
port..
La « Tabula Peutingeriana »
est
considérée comme la copie d'un itinéraire
d'époque impériale, probablement repris d'un
modèle antérieur, appartenue au Seizième
siècle à l'humaniste allemand Konrad Peutinger.
Subdivisée en onze feuilles par soucis de conservation, la
Tabula était originairement constituée de rouleaux de
parchemin long de presque sept mètres pour 34 cm de hauteur.
Elle représente plus de 100.000 km de routes, le long desquelles
gares de poste, fleuves, cité, termes, ports, forêts,
installations, greniers qui revêtaient un intérêt
pratique. Le soin cartographique ne rentrait pas dans les exigences de
ses auteurs, utile uniquement à des fins administratives. En
effet, l’échelle est très comprimée verticalement,
où la distance entre Rome et Carthage apparaît
inférieure à celle entre Rome et Naples, pendant que la
Ligurie et l'Afrique sont séparées d'une
Méditerranée de forme douteuse.
Dans le IVè
fragment, est représentée Rome,
personnifiée dans la figure d'une divinité assise sur un
trône, alors que sur la côte, un imposant Port est
situé à bonne distance d'Ostie, représenté
sans le moindre relief